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Naissance – 3 clefs pour gérer la douleur

Bonjour à toutes et à tous,

Comme c’est un sujet qui revient très (très très très) souvent dès que l’on parle d’enfantement, je vous propose aujourd’hui sur le blog de nouvelles pistes pour gérer la douleur de l’accouchement.
Souvent dans mes accompagnements ou lors d’ateliers, c’est LA thématique centrale pour les futures mamans qui souhaitent accoucher en se passant de péridurale, ou du moins aller « le plus loin possible » sans péridurale. Mais à mon sens, penser à notre gestion de la douleur est aussi utile pour les mamans qui envisagent cette péridurale, tout simplement parce qu’il y aura forcément un temps avant qu’on ne la pose (ne serait-ce que le temps avant d’arriver à l’hôpital), et puis, il faut aussi le dire et le rappeler, la péridurale ne fonctionne pas toujours! Ou pas toujours de manière optimale! C’est donc important, quel que soit notre projet, de se préparer un minimum pour celles qui la veulent, et un maximum pour celles qui souhaitent ne pas y avoir recours.

La douleur donc, comment la gérer ?

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L’accueillir

Et bien d’abord, que l’on soit en train d’accoucher ou pas, la douleur est là pour nous dire quelque chose, pour nous pousser à nous ajuster, de manière plus ou moins consciente d’ailleurs: si l’on a un torticolis, on va prendre soin de notre cou, faire attention à nos mouvements, y aller doucement. Si l’on a un mal de tête, on va se reposer, boire beaucoup d’eau, essayer de dormir, de prendre l’air, de se mettre au calme. Si l’on a mal au ventre, on va faire attention à ce qu’on mange, etc etc. La douleur est là pour nous faire réagir, sans que l’on ai besoin que quelqu’un d’extérieur nous dise « tu devrais mettre ton estomac au repos, tu devrais éviter les mouvements brusques… ».
Et bien la douleur de la naissance, c’est pareil. C’est la douleur qui va nous indiquer que nous avançons dans la naissance, et nous faire prendre conscience que nous devons mettre en branle notre projet de naissance (réveiller notre conjoint, appeler les personnes qui doivent garder les aînés, partir pour la maternité, contacter notre sage-femme, etc…). C’est à cause grâce à la douleur, que nous allons chercher une position plus confortable, qui nous paraîtra moins douloureuse et qui sera en fait (ô miracle!), une position qui facilite le travail pour nous, comme pour bébé.
Cette douleur donc, nous pouvons essayer de l’accueillir, plutôt que de la refouler et de chercher à l’éviter, car c’est elle qui va nous donner des indications précieuses, que nous allons recueillir plus ou moins consciemment, pour entrer dans l’accouchement, aider notre bébé, et finalement le mettre au monde.

 

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La traverser

Bien souvent, quand on parle de la douleur de l’accouchement, on imagine que si l’enfantement dure par exemple 10h, il y aura 10h de douleur, de plus en plus insupportable. Ce n’est pas vraiment comme ça que les choses se passent pourtant. Si vous avez déjà accouché, vous pouvez vous souvenir que certes le travail devient de plus en plus intense au fur à mesure de l’accouchement, mais qu’il y aussi des moments d’accalmie, des moments de « pause », des tranches de temps durant lesquelles nous avons des contractions, intenses, profondes, mais où nous ne sommes pas dans la souffrance.
En fait, j’aime parler de paliers de sensations: au fur et à mesure que l’accouchement avance, nous franchissons des caps, et à chacun de ces caps, notre corps doit s’ajuster: le cocktail d’hormones à l’œuvre dans notre corps doit s’harmoniser pour nous permettre de passer à l’étape suivante. Concrètement, pour chaque palier, nos endorphines qui nous aident à traverser la douleur doivent s’ajuster, et cela prend un certain temps, 10/15 minutes en général, temps durant lequel nous nous sentons déboussolées par l’intensité accrue du travail, nous cherchons souvent une nouvelle position plus confortable ou qui amoindrie notre sensation de douleur, nous avons le sentiment que nous n’allons pas pouvoir aller plus loin. C’est souvent lors de ces paliers que nous avons besoin d’aide extérieur pour nous soutenir, que ce soit notre partenaire bien sûr, notre sage-femme, ou notre doula. C’est donc évidemment lors de ces paliers que les mamans qui voulaient se passer de péridurale peuvent finalement y recourir, si elles ne sont pas soutenues par d’autres moyens.
En général, au bout de 10/15 minutes, notre corps s’est ajusté, et nous avons repris confiance en puisant dans nos ressources intérieures et notre entourage, et nous sommes en mesure de poursuivre la traversée, en accueillant à nouveau les contractions, plus intenses, plus profondes, mais perçues comme supportables.

De paliers en paliers, nous arrivons jusqu’à la dilatation complète, et bientôt jusqu’à notre bébé!

 

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La transformer

« Accueillir la douleur », ça ne veut pas dire pour autant la subir sans rien faire, stoïquement et avec fatalisme. Nous pouvons décider que cette douleur, nous allons certes l’accueillir, mais aussi la transformer.
Pour cela, je vous donne un petit outil simple mais efficace, que l’on peut pratiquer en amont du jour J, pour se préparer. Il s’agit de créer dans notre corps une forme d’inconfort et de voir comment nous gérons déjà ces sensations. On va chercher ici à ressentir une gêne, sans aller forcément jusqu’à la douleur (on reste dans quelque chose de supportable hein, on n’est pas là pour se faire vraiment mal ! 🙂 )
Que se passe-t-il pour vous quand par exemple, vous pincez votre main avec une pince à linge, et que vous ressentez cette sensation désagréable, que vous avez envie de voir cesser? Apprivoisez cette sensation en respirant calmement, en amenant votre souffle dans la zone sensible (pour apprendre à respirer de manière optimale pour la naissance je vous renvoie aux méditations prénatales!). Vous pouvez également donner une couleur à votre gêne/douleur, ainsi qu’une forme et une taille. Puis, petit à petit, vous allez transformer cette couleur, en passant par exemple de rouge à orange, d’une forme pleine de pics, à quelque chose de plus arrondi, et en diminuant la taille de cette sensation.
En pratiquant régulièrement ce petit exercice, vous apprenez à votre cerveau à modifier son ressenti de la sensation gênante, à transformer le message qu’il envoie: ce n’est pas une douleur insoutenable, rouge, brûlante, piquante, énorme, c’est une sensation gênante, orangée, vallonnée, tiède et de la taille d’une bille.
Vous voyez ce que je veux dire ?

 

Si vous n’avez jamais utilisé les outils de méditations ou visualisations, il se peut que ma proposition vous paraisse étrange, absurde ou carrément déplacée. Comment peut-on comparer ces 2 situations, et quel intérêt? Comme je le disais plus haut, notre cerveau nous envoie des messages de ce qu’il « croit » être vrai, et notre corps y réagit en conséquence. On a souvent l’impression que tout ça est extrêmement rationnel, et que nous n’avons pas de marge de manœuvre sur ce processus, et pourtant d’une part notre cerveau se laisse assez facilement berner, d’autre part, nous pouvons le berner nous-même assez facilement si nous nous exerçons à le faire. Pensez à cela: quand vous regarder un film d’horreur, ou un drame, bien installée dans votre canapé, à l’abri dans votre maison, ou au cinéma et que vous sursautez de peur, que vous avez peut-être des sueurs froides, que vous pleurez de tristesse… Ce que vous voyez est fictif, et vous le savez. Mais une partie de votre cerveau fait « comme si » c’était vrai, et envoie des messages qui sont reçus dans votre corps, et vous font sursauter, pleurer, grimacer d’horreur.
Et bien avec ce que je vous propose, c’est un peu pareil, sauf que c’est vous qui êtes aux commandes: c’est vous qui décidez que la douleur est supportable, qu’elle n’est pas si terrible, et que vous allez la traverser. Et plus votre cerveau aura appris à faire cette transformation, plus votre corps va s’aligner rapidement avec cette croyance!

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Concrètement le jour J

Concrètement le jour J, vous n’allez pas nécessairement vous dire « ma contraction est rose fushia et je la transforme en rose poudré pastel », on est d’accord. Mais vous allez pouvoir vous concentrer sur votre sensation, l’accueillir, et, en soufflant dans cette sensation, votre cerveau va de lui-même, automatiquement, mettre en place les « mécanismes » de transformation que vous lui aurez appris. Il va de lui-même ajuster le souffle et la visualisation d’une couleur plus douce, par exemple. Ce sont les actions combinées de la respiration et de la visualisation, qui vous vous aider de manière quasi inconsciente à traverser les paliers, à vous dire que vous pouvez le faire, que, d’une certaine manière, vous l’avez déjà fait: vous avez déjà transformé vos sensations, donc vous pouvez le refaire!

 

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Souffrance ou puissance 🙂 ? Source

 

Évidemment, c’est petite pratique ne suffit pas forcément à elle seule, c’est une proposition à explorer si ça vous parle, et à combiner avec tout ce que vous pourrez voir en préparation à la naissance, et auprès d’une doula par exemple! Il y a tellement de façons de faire appel à nos ressources intérieures pour franchir les caps de l’enfantement! A vous de trouver les vôtres, de vous les approprier et de les travailler tout au long de votre grossesse, pour vivre cette naissance au plus près de ce que vous souhaitez pour vous et pour votre bébé! Si vous avez envie d’explorer encore plus cette voie, je vous propose un autre article que j’avais écrit il y a plusieurs mois, et qui traite du même sujet: La douleur, 5 étapes pour mieux la traverser, et en plus la vidéo associée à l’article d’aujourd’hui Outil Doula – Transformer la douleur.

 

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Voilà, je vous souhaite une belle pratique, j’ai hâte d’avoir vos retours si vous en avez, merci pour votre lecture et votre présence ici, et je vous dis à très bientôt sur les réseaux sociaux ou par mail!

Kristelle

 

 

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