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Naissance – Se préparer à la phase de désespérance

Bonjour à toutes et tous!,

Ça fait un bon moment que j’ai envie de vous parler de la phase de désespérance, car c’est un moment clef de la naissance, et finalement parmi les mamans avec lesquelles j’échange, une bonne partie ne connaissent pas l’existence de cette étape de l’accouchement, et surtout ne savent pas trop comment l’on peut s’y préparer. Nous allons donc faire dans cet article un point sur ce moment déroutant de la mise au monde.

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La phase de désespérance, kézako?

Si vous avez déjà entendu ou lu des récits de naissance, que ce soit sur le net, ou en bouche à oreille, vous avez déjà probablement eu des échos de cette phase de l’accouchement, que traversent la grande majorité des femmes, avec plus ou moins d’intensité. La phase de désespérance, c’est ce moment où les femmes se disent qu’elles ne vont pas y arriver, qu’elles ne peuvent pas le faire, qu’elles vont peut-être même mourir en mettant au monde leur enfant. Lorsque les mamans racontent leur accouchement, bien souvent, après des heures et des heures de travail, elles arrivent au bout de quelque chose, et certaines témoignent « là je n’en pouvais plus, j’ai cru que j’allais mourir » et elles ajoutent souvent « heureusement mon bébé est né juste après ». Ce genre de témoignages me fait toujours sourire (avec tendresse). Car ce n’est pas un hasard si, à chaque fois, le bébé naît juste dans la foulée. En fait c’est que la phase de désespérance annonce l’arrivée du bébé. Les sages-femmes expérimentées le savent d’ailleurs très bien, et, bien souvent, quand la maman dit qu’elle va mourir ou qu’elle n’en peut plus, ou qu’il faut qu’on lui sorte le bébé de là à tout prix, et bien c’est qu’on peut déjà toucher la tête!

Comment sait-on que c’est ce moment-là?

Alors, évidemment, je généralise et chaque naissance est unique et suit son propre rythme, son propre tempo. Cela dit, nous pouvons quand même déterminer des grandes phases dans le processus de l’enfantement, qui seront plus ou moins longues et plus ou moins intenses d’une femme à l’autre.
La phase de désespérance survient une fois que l’utérus est complètement dilaté (donc après tout le « travail » des contractions), quand le bébé s’est engagé dans le bassin, et qu’il descend enfin sur le périnée. C’est un moment qui est souvent simultané à ce que l’on appelle « la poussée ». Et l’on peut dire que d’une certaine façon, c’est le paroxysme de la naissance: d’une certaine manière, tout ce que l’on vit avant, la montée de l’intensité, les moments de découragement, le fait de reprendre confiance, la fatigue, les pauses, le travail qui redémarre, tout ça nous mène droit à ce moment-là, et vient sans doute nous permettre d’être dans un état suffisamment « ouvert » pour accueillir et traverser ce moment de désespérance.

Évidemment, c’est aussi un moment où en général, nous sommes déjà fatiguée, et au bout de nos ressources. Et c’est justement ça que je trouve magique et passionnant: nous sommes véritablement au bout de nous-même, notre corps est épuisé par le marathon que l’on vient de faire, notre mental est allé plus loin que ce qu’il a sans doute jamais fait, nous avons navigué des zones où nous n’étions jamais allée avant, nous sommes, à ce moment-là, vraiment très loin de la réalité de tous les jours, complètement sur la Planète-Naissance. Nous sommes au bout de nous-même, et devant nous, il y a le vide et l’inconnu. Et c’est ce vide qu’il faut franchir, avec les ressources du moment, que l’on pense ne pas avoir, et que l’on a quand même au fond de soi.
Cette phase de désespérance, ce n’est pas le moment où l’on se dit que peut-être on ne va pas y arriver. C’est le moment où l’on a envie que tout s’arrête, et que quelqu’un fasse le job pour nous, parce qu’on SAIT qu’on ne va pas y arriver: c’est trop puissant, et notre corps ne peut pas supporter de monter encore un cran dans l’intensité et l’endurance.

De l’autre côté de la désespérance:
Il va donc y avoir un second temps
dans cette phase de désespérance,
où l’on va basculer de l’autre côté,
et pouvoir passer du « Je vais mourir si ça va plus loin »
au « Je veux et je peux aller encore plus loin ».
Car juste derrière, il y a notre bébé.

 

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Comment l’appréhender en amont?

Par définition, je pense que vous l’aurez compris, le but en se préparant à ce moment-là, ça ne va pas être d’essayer de ne pas vivre cette désespérance. J’irais même jusqu’à dire que cette désespérance est nécessaire, belle et importante: à travers elle, nous découvrons que nous sommes capables de bien plus que ce que nous pensons, nous découvrons que nous avons en nous des ressources insoupçonnées, et dans le deuxième temps de la phase de désespérance, ce moment où nous acceptons d’aller plus loin, de nous ouvrir encore plus, nous nous connectons à une partie de nous-mêmes très primitive, et très puissante. Cette puissance et ces ressources, elles vont nous être très précieuses durant tout notre chemin de maternité, car hey, si on a pu aller aussi loin, plus loin que le bout de nous-mêmes, on peut bien affronter les nuits sans sommeil, les coliques et les poussées dentaires. (Et je ne parle pas de l’adolescence!).

La première étape pour s’y préparer, c’est donc d’être déjà dans cet état d’esprit d’accueil et d’ouverture qui nous sera nécessaire au moment de la naissance. La phase de désespérance est un moment en 2 étapes, et pour connaître notre propre force, il faut accepter de passer par ce moment de peur intense de la première étape.
Le fait de connaître le fonctionnement de ce processus permet aussi de se dire, le moment venu, que ça y est, nous y sommes. Que nous sommes arrivées à cet endroit de la naissance, et que juste après ça, il y a notre bébé. Ça ne rend pas les choses forcément plus faciles, mais le fait de savoir ce qui nous attend nous aide à ne pas perdre complètement pied le jour J.

Au-delà de ça, nous pouvons aussi nous préparer en commençant, dès la grossesse, à nous connecter à des ressources profondes auxquelles nous faisons rarement appel dans notre quotidien. Pour cela, il existe différentes pratiques, qui sont parfois proposées dans les préparations à la naissance. Les préparations par la sophrologie ou l’hypnose par exemple, vont généralement explorer ce type de cheminement, de manière plus ou moins formelle. A vous de voir auprès de la personne qui vous fera la préparation à la naissance, ce qu’elle peut vous proposer, et si ça ne vous paraît pas suffisant, chercher d’autres pistes, auprès d’autres professionnels de la périnatalité. Ce qui est particulièrement intéressant à mon sens, c’est de commencer ce type de pratique assez tôt dans la grossesse, car elles vous seront très bénéfiques aussi pour vous connecter à votre bébé durant ces 9 mois de gestation, et tout simplement parce que je vois beaucoup de mamans qui auraient eu envie de « faire plus » pour se préparer à la naissance, mais qui se retrouve dans une préparation qui leur convient moyennement, avec finalement peu de temps pour chercher autre chose. Donc sans parler de forcément se « préparer à la naissance », tout ce qui va vous permettre de vous recentrer sur vous-même, de vous connecter à votre bébé, de travailler votre respiration et de vous connecter à vos ressources profondes, va vous être bénéfique pendant la grossesse, et très utile au moment de la naissance. Et ça, ça peut se commencer à n’importe quel moment de votre grossesse.

 

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Le jour J

Et le jour J, que pouvons-nous faire? Et bien il y a d’abord bien sûr tous les outils que nous nous serons appropriés pendant notre préparation, qui nous serons doute utile. Je pense cela dit que dans le cas d’un premier accouchement spécifiquement, il n’y a pas grand chose qui puisse atténuer l’intensité du premier temps de désespérance. Dans ce moment-là, à mon sens, l’aide la précieuse, c’est une personne à nos côtés, qui sait ce par quoi nous passons: c’est pour moi l’un des rôles majeurs de nos sages-femmes que de nous soutenir dans ce moment précis. C’est un temps où, surtout pour un premier accouchement, nous avons besoin que quelqu’un y croit à notre place, et nous dise, littéralement: « tu peux le faire, ton bébé est là, tout prêt ». Le simple fait que quelqu’un à nos côtés nous dise avec conviction et certitude que nous allons y arriver, et que c’est bientôt fini, que nous pouvons déjà toucher notre bébé, est capital. C’est cette personne-là qui va aider la mère à se reconnecter à ses ressources, et à passer à la deuxième étape de la phase de désespérance, à passer de l’autre côté. Ce passage se fait seule, mais nous avons besoin que quelqu’un nous tienne la main, juste le temps de rassembler nos forces pour faire ce pas de plus.

L’idéal, bien sûr, c’est de connaître la sage-femme qui sera là au moment où nous vivrons cette phase de désespérance, mais si nous faisons le choix d’accoucher en structure médicale, ce n’est pas toujours possible. Pour cette raison comme pour tant d’autres, nous pouvons aussi décider de nous faire accompagner par une accompagnante périnatale, ou une doula, et évoquer ensemble ce temps spécifique de la naissance.

Si aucune de ces options ne vous paraît envisageable pour vous, vous pouvez aussi échanger sur ce sujet avec votre partenaire, afin qu’il/elle puisse vous épauler dans ce moment-là, mais je trouve important de garder en tête qu’il ne sera peut-être pas facile pour lui de savoir comment réagir sur le coup, car nous sommes très convaincantes durant cette phase (« JE TE DIS QUE JE VAIS MOURIR BORDEL! »), et tout comme nous, nos conjoints vivent aussi le marathon de la naissance, et ne sont pas forcément les appuis les plus stables après plusieurs heures de travail, et si proche de la naissance de leur enfant. Il se peut donc que votre compagnon soit un partenaire d’accouchement incroyable, qui vous soutienne de la manière idéale, mais il se peut aussi qu’il ait lui-même besoin de soutien, qu’il soit lui aussi sous le coup de la fatigue et de l’émotion, qu’il perde lui aussi ses repères et le fil de ses idées. Et ça paraît bien légitime! Il est sur le point de rencontrer pour la première fois son enfant, enfin!

Pour toutes ces raisons, il peut être précieux de réfléchir en amont à la façon dont vous souhaitez être soutenue durant votre accouchement! C’est quelque chose qui peut se formuler à l’occasion d’un projet de naissance par exemple, et si vous souhaitez vivre ce moment avec la présence d’une tierce personne, telle qu’une accompagnante périnatale, il est important de le préciser en amont à l’équipe médicale, afin qu’elle vous donne son feu vert. Plus nous serons nombreuses à en faire la demande, plus les lignes pourront bouger de ce côté!

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Voilà, j’espère que cet article vous aura été utile et vous aura permis d’en savoir plus sur cette étape de la mise au monde, tout en vous donnant l’envie de vous approprier d’ores et déjà des outils qui vous aideront dans votre quotidien de femme enceinte, et au moment de la naissance de votre enfant!

Je vous dis à très bientôt dans les Mots Doux, ou sur les réseaux sociaux!

Kristelle

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