Blog·Famille·Notre esprit·Ressources

Devenir des modèles

Bonjour à toutes,

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler d’une petite anecdote familiale qui m’a beaucoup fait réfléchir. Nous étions tous les trois, Saule, Milo et moi dans notre cuisine, en train de prendre le goûter. Nous avions à manger des raisins, des prunes et des biscuits, et il se trouve que Saule (qui a 3 ans) voulait ABSOLUMENT proposer un grain de raisin à Milo (qui a 11 mois). J’avais beau lui dire doucement puis fermement que Milo mangeait plutôt des prunes, il insistait beaucoup. J’ai fini par lui expliquer que les pépins dans les grains de raisins risquaient de lui gratter la gorge et de le gêner, alors il a commencé à ouvrir un grain de raisin pour enlever les pépins, et m’a dit ensuite: « voilà, comme ça il peut le manger ». J’ai été vraiment touchée par son geste, et par le soin qu’il a mis à insister pour partager avec son frère, tout en restant calme, et en trouvant une solution pour nous trois. J’avoue que j’ai été épatée. Et j’ai eu envie de le lui dire:
« C’est vraiment gentil Saule, de partager comme avec Milo, et de prendre soin de lui comme ça!
– C’est parce que je veux faire comme toi, m’a-t-il répondu tranquillement. »

 

39057989_242696399905764_4829823438841446400_n
Milo

 

Nos petits miroirs

Wahoo. J’ai été surprise et j’ai même eu les larmes qui me sont montées aux yeux. Vous savez pourquoi? Parce que ces temps-ci, je trouve que Saule est très souvent énervé, tendu, qu’il hausse le ton (pour ne pas dire qu’il crie carrément sur nous tous).
Et je culpabilise pas mal, car bien que ce soit l’âge, comme on dit, je me reconnais pas mal dans son comportement: je me sens souvent fatiguée, et je m’impatiente vite, je suis plus brusque que ce que je voudrais avec lui, et je le gronde régulièrement, au lieu de prendre le temps de comprendre ce dont il a besoin, et ce qu’il exprime à travers ses petites « bêtises ». Vous voyez ce que je veux dire? Je ne suis pas toujours fière de moi quoi, et je prends vraiment comme un effet miroir l’attitude tendue et impatiente de mon petit Saule. Et plus je lui demande (sous forme de reproche, on va pas se mentir!) de ne pas crier, d’être calme, de dire les choses avec des mots, plus je me reproche exactement les mêmes choses, avec une bonne dose de culpabilité évidemment. C’est vraiment un genre de cercle vicieux.
Alors bien sûr quand finalement la scène dont je vous parlais plus haut a eu lieu, c’est comme si Saule me disait: « tu es malgré tout une bonne maman pour nous, tu sais. » Vous comprenez pourquoi j’avais les larmes aux yeux?

eadff87391019627a4a68958f1ce107e.jpg
Sur Pinterest

 

 

Être honnête avec soi-même

C’est une des choses que je trouve parfois difficile dans la maternité, le fait de devoir être sans cesse un modèle, une source d’inspiration et d’exemplarité pour mes enfants. Surtout qu’au moindre « pas de travers », nos enfants s’empressent de reproduire nos écarts, et les comportements dont nous sommes les moins fiers. Logique: si nous pouvons céder à la faciliter de la colère, des reproches et des paroles brutales, comment eux, plus petits et moins réfléchis que nous, pourraient trouver des ressources pour exprimer leurs émotions sans blesser les autres?

Être auprès de nos enfants nous pousse à accepter pleinement que nous ne sommes pas parfaits, et pour moi, la première chose à me rappeler, c’est que je ne peux pas attendre de moi-même d’être le parent idéal que je souhaiterais être. Je peux y tendre, m’en rapprocher, essayer encore et encore, mais il est normal et naturel que cette maman-là reste un idéal: moi, je suis simplement humaine. Alors comment « montrer l’exemple » malgré tout? Et bien sans doute que l’exemplarité peut se situer en dehors de cet idéal, ou en marge plus exactement. Peut-être que nous pouvons être exemplaire dans notre imperfection: nous excuser quand nous dépassons les limites établies, reconnaître nos torts, et revenir vers l’autre, de manière exemplaire.
Car finalement, accepter nos imperfections autorisent aussi nos enfants à accepter les leurs (hey, et nous aussi nous devons accepter qu’ils ne soient pas parfaits ou « conformes » aux attentes que nous avons d’eux). Et surtout, notre façon de gérer les conflits inévitables au sein d’une famille leur apprend à gérer les conflits inévitables qu’ils vivent eux-mêmes au sein de leur fratrie, avec leurs amis, et avec les adultes qui les entourent (nous entre autres). « Ok, j’ai crié, ça arrive parfois malheureusement, et quand ça m’arrive, je mets en place des choses pour ne pas rester dans le conflit ».
Chez nous, avec Saule, j’appelle ça tout simplement « faire la paix ».

 

Faire la paix

Je trouve intéressant l’idée de s’approprier dans chaque famille sa façon de désamorcer les conflits, car bien sûr il n’y a pas une recette magique unique et transposable à tout le monde, ni dans toutes les situations. Cela dit, si nous nommons les émotions positives et négatives que nous éprouvons (ce qui est déjà en soi d’une grande aide), nous pouvons aussi nommer les processus pour passer d’un état à l’autre, et apprendre à nos enfants à se les approprier. J’aime cette expression de « faire la paix » car elle est très enfantine, et en même temps, le simple fait de prononcer le mot PAIX avec tout ce qu’il porte en lui, pour moi, m’aide déjà à changer de comportement, quand je sens la colère monter. Je l’aime aussi car oui, la paix, ça se fabrique, ça ne tombe pas du ciel, en tout cas pas chez nous! Et en plus, je trouve que c’est un très bon pendant à son contraire tout aussi enfantin de « faire la guerre », maintenant que Saule commence à parler de pistolet, d’épée, de dragons, de chevaliers et de « Botman ». Puisque, apparemment, nous ne pourrons pas l’empêcher de jouer à faire la guerre, autant lui apprendre à sérieusement faire la paix dans les conflits du quotidien!

3072ee31245a72eb7b46bfbed6a59b2b.jpg
Sur Pinterest

 

En amont

En amont, nous pouvons également nous questionner sur ce que nous voulons vraiment pour notre famille. Les sites et livres sur l’éducation positive fleurissent de toutes parts, ce qui est formidable, mais peut être aussi parfois un peu oppressant, et nous pousser à appliquer des théories et des principes qui ne collent pas forcément, au fond, à ce que nous désirons profondément vivre avec nos enfants, ou tout du moins qui finissent par être tellement d’injonctions à un certain type de relation, que nous oublions « le reste », qui est peut-être plus important encore!

Je pense pour ma part que tous ces outils sont merveilleux, mais j’essaye de me rappeler régulièrement que ce ne sont que des outils, et certainement pas un mode d’emploi à appliquer en toute circonstance, au pied de la lettre. J’essaye de revenir aussi régulièrement à cette question:

Qu’est-ce que je souhaite pour ma famille,
qu’est-ce que je souhaite comme relation avec mes enfants?

Un outil qui fonctionne pour moi, c’est de me projeter dans une relation « parent-enfant adulte ». Quel type de moment j’aimerais partager avec Saule et Milo, quand ils seront grands?
→ J’aimerais pouvoir parler de tout, et surtout des choses profondes et magiques de la vie,
→ j’aimerais jardiner encore avec eux,
→ j’aimerais voyager avec eux.
→ J’aimerais que nous nous fassions confiance, malgré nos inévitables différences de points de vue.

 

ac0454734840231a70525e920e97b76e.jpg
sur Pinterest

Ce sont les 4 choses qui reviennent vraiment le plus souvent et le plus spontanément quand je me prête à ce jeu: la parole libre et profonde, le lien à la terre, le voyage et la confiance/respect. Et d’avoir cette vision « long terme » de ce qui compte vraiment pour moi, dans la relation avec mes enfants, m’aide souvent dans le moment présent, à vivre et traverser leur petite enfance. Finalement, ce que je veux être pour eux, ce n’est pas quelqu’un qui édicte des règles de bonne conduite, même avec bienveillance, ce n’est pas quelqu’un qui leur a fait des étagères de jeux montessori, ou qui les a mis sur une draisienne, ou qui leur a permis de pratiquer la motricité libre, même si tout cela compte pour moi: tout ça, ce sont des outils, dont je connais le bien-fondé, auxquels j’adhère et que j’ai envie « d’appliquer », mais au fond, ce dont j’ai envie que mes enfants se souviennent plus tard, c’est qu’on mettait les mains dans la terre en observant les papillons et les abeilles, qu’on passait du temps à parler de comment fonctionne notre corps et l’univers et à lire sur tout pour en parler après, et que chaque sortie pouvait devenir une véritable aventure (à défaut de faire des grands voyages avec eux, pour l’instant). Et qu’ils pouvaient me mettre les larmes aux yeux, simplement en me disant qu’ils voulaient devenir quelqu’un qui prend soin des autres, comme je tente de le faire moi-même.

 

39070687_208569396673870_1683714758710132736_n.jpg
Saule

 

Alors chère maman qui peut-être lisez cet article de blog, ne vous culpabilisez pas si vous avez parfois l’impression de ne pas être « suffisamment bienveillante » avec vos enfants. Et essayez peut-être de vous reconnecter plus en profondeur à ce lien qui vous unit à eux, et à ce que vous souhaitez vivre avec eux, tout simplement. Ça n’empêche pas qu’il y ait parfois des colères, parfois de l’emportement et de l’impatience, parfois des choses dont vous ne serez pas fière, mais ça aide à être heureux (je trouve!), et tout ça, au fond, et bien… c’est la vie, tout simplement.

Kristelle

 

____

Pour aller plus loin dans votre démarche, découvrez l’e-book gratuit de Karma Mamas → 5 grandes pistes pour une grossesse saine & sereine!:

visuel-pour-photos.jpg

 

 

 

 

Laisser un commentaire