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C’est quoi les contractions?

Bonjour à tout le monde,
Aujourd’hui, je souhaitais parler de naissance, et plus particulièrement d’une des étapes de la naissance: les contractions, car je constate au jour le jour à travers les questions des mamans que j’accompagne, que pour beaucoup d’entre nous, les contractions restent difficiles à appréhender, et difficile à naviguer. Je vous propose donc une petite mise au point, à travers les 5 questions qui reviennent le plus souvent, pour envisager sereinement sans paniquer, ce mystère des contractions!
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@oh_thathippiemomwlotsofkids

 

1. Qu’est-ce qu’une contraction?

Quand on parle de contraction, on parle en fait d’un phénomène musculaire qui agit sur l’utérus, et que l’on appelle contraction. Comme vous le savez sans doute déjà, l’utérus est donc un muscle, dont la taille se développe au fil de la grossesse, et qui est fermé par le col de l’utérus, qui est comme le portail de notre utérus. Au moment de la naissance, une des grandes étapes de l’accouchement va être l’ouverture de ce col, qui va se dilater de 0 (col complètement fermé) à 10 (col complètement dilaté), pour permettre à notre bébé de passer. Cette étape est communément appelé le « travail », et peut être très variable en temps d’une femme et d’un accouchement à l’autre. Pourtant, que le travail dure 2h ou 14h, invariablement, le col va devoir passer de 0 à 10, et ce sont les contractions qui permettent cette ouverture. Par conséquent, on constate souvent que plus la dilatation est rapide, plus les contractions sont intenses, puisque ce sont elles qui permettent l’ouverture! Donc celles qui envient les accouchements « rapides », dîtes-vous que ce n’est pas nécessairement plus facile à gérer à tous les niveaux!

 

2. Si j’ai des contractions durant la grossesse, est-ce inquiétant?

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que s’il faut des contractions pour ouvrir le col, le fait d’avoir des contractions n’est pas synonyme d’un col qui s’ouvre. En effet, des études montrent qu’en réalité, l’utérus des femmes enceintes contracte tout au long de la grossesse, sans que cela soit forcément perçu par les mamans. A l’inverse, certaines femmes perçoivent très tôt dans la grossesse des contractions, qui génèrent parfois beaucoup d’inquiétudes, alors que le col ne travaille absolument pas de son côté! Ce fut notamment mon cas durant ma 3ème grossesse, et je dois dire que ça m’a beaucoup stressée sur le coup!
Pour cela, il peut être judicieux de consulter votre sage-femme ou gynécologue si vous en ressentez le besoin, car il vaut mieux un rendez-vous « pour rien » qui vous rassure, plutôt que de rester dans un état d’anxiété qui n’amène rien de bon! Une fois le diagnostic posé, si vous continuez d’éprouver de l’inquiétude, vous pouvez avoir recours à des outils pour travailler votre sérénité, comme nous en abordons régulièrement sur le blog dans la rubrique Ressources, ou en pratiquant par exemple de belles méditations pour vous relaxer et cultiver votre confiance dans le processus de la grossesse.

Donc pour résumer:
ouverture = contractions
contractions ≠ ouverture

 

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3. Ça fait quoi une contraction?

Ah, la fameuse question! Qu’est-ce qu’on ressent quand on a des contractions? Est-ce que là c’est une contraction? Et je comprends que nous soyons si nombreuses à nous la poser, car comment reconnaître quelque chose que l’on n’a jamais connu?
Bon, évidemment c’est aussi très difficile de décrire des sensations qui sont si uniques et spécifiques, et qui en plus peuvent varier d’une femme à l’autre, mais pour tenter d’apporter quand même un début de « réponse-avec-des-gros-guillemets », une contraction, ça fait un peu comme une crampe, au niveau de l’utérus, parfois dans les reins, et parfois dans les jambes, assez similaire aux sensations que l’on peut éprouver pendant les règles, mais en plus intense et plus « condensé ». Si c’est au niveau de l’utérus, ça va mouler le bébé, le ventre se durcit, et on peut éprouver des sensations allant d’une légère gêne (« tiens, c’est quoi ce truc bizarre qui m’arrive »), à une franche douleur (« non mais là je ne peux carrément plus marcher!!! »). Et puis la sensation s’évanouit, et notre corps revient à la normale. Lorsque l’on éprouve de nombreuses contractions perçues comme vraiment douloureuses (et qui nous empêche par exemple de marcher), par « crises », il est recommandé de consulter le professionnel de santé qui suit notre grossesse.

4. Quand respirer?

[Pour celles qui lisent l’article le jour de sa sortie, jetez un oeil à la fin, je vous y donne un rv sur la thématique de la respiration!]

Là encore c’est une question assez courante, et qui je l’avoue m’a d’abord surprise, parce qu’elle traduit pour moi un sérieux manquement dans la préparation à la naissance. Quand une future maman qui a fait sa préparation à la naissance me pose cette question, je ne peux pas m’empêcher de me dire que là, on a quand même un sérieux soucis. Et je ne blâme pas les mamans hein, je me questionne plutôt sur le contenu de la préparation, et sur la façon dont il est amené aux mamans, car nous savons toutes que la respiration va être la clef, mais d’abord on n’apprend pas nécessairement la respiration la plus physiologique (et donc la plus efficace), et ensuite, si les mamans se posent cette question, c’est qu’on ne leur a vraisemblablement pas expliquer comment fonctionne une contraction. Or, c’est quand même la base.
Donc, voici nos contractions:

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Chaque vague représente ici une contraction, et le bas de la vague est le « retour à la normale ». Les contractions se font sentir de manière progressive, d’abord imperceptibles, puis franchissant ce que j’appelle le seuil de perception (tiens j’ai une contraction), puis ce que j’appelle le seuil de tolérance (j’ai une contraction qui fait maaal), jusqu’au pic de la contraction (aaaah), et redescendent enfin petit à petit jusqu’à revenir au point 0. Une contraction dure maximum 2 minutes – entre 60 et 90 secondes. Et le repos entre deux contractions durent minimum 2 minutes. C’est dans cet intervalle entre les contractions qu’on va pouvoir penser à respirer, et qu’on va chercher à se détendre, à se reposer, se ressourcer. Durant la contraction, on va bien sûr également respirer le plus longtemps possible le long de la vague, mais plus on se rapproche du seuil de tolérance, le moment où l’on ressent la contraction comme vraiment douloureuse, moins on va réussir à poser notre respiration. Autour du pic, c’est le moment où l’on ne gère plus grand chose, où l’on ne pense plus à rien. C’est normal, et même si c’est pénible, ça fait partie du processus: il faut lâcher prise sur ce moment-là. En revanche, ce sur quoi nous pouvons travailler, c’est l’élévation de ce seuil de tolérance à partir duquel on se sent dépassée, pour pouvoir d’une part respirer et « gérer » le plus longtemps possible, d’autre part avoir un retour à la normale plus rapide, et donc un temps de récupération plus long. Sur le schéma précédent, on voit qu’à partir de la 4eme contraction, le seuil de perception et le seuil de tolérance se rejoignent, et le temps de récupération est très écourté.
Vous voyez la différence entre le premier schéma, et celui-ci:

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Ici les contractions durent toujours 90 secondes, il y a toujours le même temps entre chaque contraction, mais le temps de récupération est beaucoup plus long, car le seuil de tolérance est très élevé, et reste relativement haut!
Ça, c’est ce que selon moi, devrait nous permettre une bonne préparation à la naissance, et c’est d’ailleurs ce qu’on travaille avec les futures mamans qui souhaitent aborder avec moi l’accouchent dans les échanges individuels, car c’est ce qui permet de naviguer véritablement ce temps de contractions, même et surtout quand le travail dure longtemps!

 

5. Et si je ne reconnais pas les contractions?

Là encore c’est une question assez récurrente, que peuvent se poser bien des futures mamans, parfois même lorsqu’on a déjà accouché, si par exemple nos précédents enfantements ont été déclenchés, puis sous péridurale. Cette question vient souvent faire écho à une autre question, qu’elle cache d’ailleurs parfois: comment savoir quand il faut partir à la maternité ou appeler sa sage-femme. Là encore, c’est une thématique que nous abordons largement dans les échanges individuels (car la réponse vient souvent sur mesure!), mais pour tenter de répondre généralement, je dirais (avec un peu de provoc!): et alors? Si je ne reconnais pas les contractions, et alors?

→ Soit j’ai des contractions et mon col est en train de s’ouvrir, et dans ce cas-là franchement vous êtes une vraie chanceuse, car ça signifie que vos contractions sont indolores!
→ Soit vous avez des contractions et votre col n’est pas en train de s’ouvrir et vous êtes aussi une chanceuse, car cela vous évite de vous angoisser pour rien.

Et si votre col s’ouvre sans que vous ne perceviez vos contractions, ou sans que votre seuil de tolérance ne soit atteint, là encore mon propos peut vous paraître déconcertant, mais si votre col se dilate sans que vous ne vous en aperceviez, et que vous accouchiez très rapidement, sans avoir le temps d’aller à la maternité, rassurez-vous, c’est en général que tout se passe vraiment bien: les accouchements qui connaissent des complications sont ceux durant lesquels « ça coince », donc si ça va très vite, c’est en général que tout va bien justement. Ça ne veut pas dire que si votre travail ralentit c’est qu’il y a un problème, mais si ça va vite, c’est en général que ça va bien!

Pour résumer:
rapidité = tout va bien
lenteur ≠ complications

Pour finir, je dirais que ce qui est super intéressant, c’est qu’il y a un moment où nous sentons qu’il faut partir, ou appeler sa sage-femme. Personne ne pourra vous dire quand ce moment va surgir, personne ne peut donner de vraies indications pour mesurer, chronométrer, compter les contractions: il y aura toujours des cas particuliers qui viendront contredire les mesures et les cadences annoncées. Parce que chaque naissance est unique, suit son propre cours, avance à son propre rythme. Et parce que la réponse à cette question: « quand partir à la maternité » viendra non pas de l’extérieur, de ce qu’on vous aura dit, mais de l’intérieur, d’un moment de bascule où vous sentez que là il faut partir. Nous pourrons en reparler si cette thématique très spécifique vous intéresse!

D’ici-là je vous souhaite de prendre bien soin de vous,
Et pour celles qui sont intéressées par la thématique de la respiration, je vous donne rendez-vous demain, mardi 3 juillet à 11h sur la page facebook de Karma Mamas pour un facebook-live durant lequel nous pourrons échanger à ce propos!

 

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Voilà, j’espère que cet article vous aura été utile, si vous voulez plus de lecture pour prendre soin de vous durant la grossesse vous pouvez recevoir gratuitement le KarmaMa Book, et vous abonner aux Mots Doux, pour recevoir des informations et des ressources plus personnelles, directement dans votre boîte mails! Je vous dis à très bientôt, en échange individuel ou sur les réseaux!

 

Kristelle

 

 

 

 

 

 

 

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