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Post-partum – le Contrat minimum vital

Bonjour tout le monde,
Aujourd’hui sur le blog je reviens avec un article sur le post-partum, car vous avez été nombreuses, suite à cet article-, à me demander comment et quand les choses finissent par s’arranger, rentrer dans l’ordre… Je ne peux pas parler pour toutes les jeunes mamans, mais je peux vous dire quel a été pour moi le processus, et partager avec vous, l’outil qui a été le plus utile pour retrouver peu à peu un équilibre dans ma vie de jeune maman de deux enfants. Cet outil, je l’ai appelé le Contrat minimum vital, et je suis super heureuse car j’ai eu la surprise de constater hier en écoutant un podcast, qu’il avait été également pensé par une coach américaine et qu’elle l’appelait de son côté « Minimum Baseline ». Elle l’utilise avec ses clients dans un but très différent du mien, mais cela m’a vraiment confirmé la pertinence de cet outil, et donné encore plus envie de le partager avec vous! Dans les échanges individuels avec les jeunes mamans, j’adore le moment où nous abordons cet outil, car il est tellement simple et efficace, il apporte tellement de clarté, que je suis toujours hyper réjouie de pouvoir les aider à le mettre en place, en fonction de leurs besoins respectifs!

 

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Pour vous re-situer le contexte, quand j’ai commencé à mettre en place mon Contrat minimum vital, Milo avait autour de 6 mois, et je commençais à avoir sérieusement besoin de « me retrouver », d’avoir « du temps pour moi ».
Je mets ces mots entre parenthèses, car c’est souvent les formules que l’on utilise, mais je trouve qu’elles ne collent pas véritablement à la réalité des jeunes mamans en plein post-partum.
D’abord je crois qu’il faut vraiment beaucoup beaucoup de temps pour se retrouver, et que c’est un processus lent, et long, et qui dit processus, dit différentes étapes. Et puis se retrouver, cela signifierait redevenir la femme que nous étions avant de mettre au monde notre enfant, et ça franchement, je n’y crois pas: avoir un enfant, cela nous change. Nous pouvons avoir finalement le sentiment de nous retrouver, de revenir à nous-même, mais ce nous-même n’est plus tout à fait le même, justement! On pourra en reparler!
Ensuite, « avoir du temps pour soi ». Là encore, je trouve cette formule un peu maladroite, car ce qu’elle évoque pour moi, c’est un moment vraiment très spécial, comme un bonus que l’on s’accorderait, je prends du temps pour moi, comme un cadeau: je me fais couler un long bain mousseux, je vais au hammam, je vais faire une grande balade en forêt toute seule, je prends une grosse soirée avec des amis…. Tout ça est évidemment super, mais je crois que ça ne colle pas du tout à la réalité des jeunes mamans qui voudraient passer d’un quotidien 24/24 avec leur bébé, à « prendre du temps pour soi », comme si on pouvait sauter de l’état « tétée/bercement/couche/régurgitations/colique/nuit-de-3h », à l’état « apéro-en-ville/randonnée-solitaire/spa-entre-copines ». Vous voyez ce que je veux dire? Ça ne me paraît pas possible, ni cohérent.

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L’autre problématique que ces notions recoupent, c’est que quand nous nous « accordons du temps », ça reste souvent un événement ponctuel, que l’on s’accorde une fois, comme Cendrillon qui peut finalement aller au bal, mais avec permission, et de manière exceptionnelle! Ce qui implique qu’une fois ce moment passé, même si on en a bien profité (et en général soyons honnêtes on ne s’accorde que quelques heures, la boule au ventre, entre des montées de lait ou des coups de fil à la personne à qui on a confié nos enfants…),et bien même si nous en avons profité, nous revenons immédiatement à un quotidien dans lequel, à nouveau, nous manquons de temps pour nous.

Je dirais qu’il y a un temps où nous, les mamans nous sommes complètement centrées sur notre bébé, et sur les aînés si nous en avons. C’est complètement normal, et c’est très important.
Et puis il vient un temps où petit à petit, on va se décentrer un peu, et c’est aussi normal, pas juste parce qu’on est épuisée (ce qui serait déjà une raison complètement valable), mais aussi parce que c’est le déroulement « normal » des choses: nos bébés vont bientôt pouvoir manger des petites purées, vont bientôt se déplacer un peu, rouler à droite à gauche, s’asseoir. Eux aussi, vont commencer petit à petit à se décentrer de nous (ok très légèrement seulement, si on leur laisse vraiment le choix, mais vous voyez ce que je veux dire).
D’une certaine manière, on entre dans une nouvelle étape, une nouvelle période, où la maman et le bébé commencent à sortir doucement de leur fusion de naissance. Et c’est pas facile-facile, ça frictionne, ça se fait pas toujours hyper harmonieusement, mais au final, ça fait gagner en équilibre, à la fois pour nous-même, et puis pour nos plus grands et pour notre couple.
C’est là que le Contrat minimum vital intervient!

 

Le Contrat minimum vital, c’est un engagement que nous prenons envers nous-même, de nous prendre concrètement en compte, dans le nouvel équilibre de la vie avec votre bébé.

 

Nous avons toutes déjà des minimums vitaux, qui sont tacites, et qui d’ailleurs ont souvent été modifiés par la grossesse et l’arrivée de notre bébé. Mais par exemple, nous savons que pour nous, nous brosser les dents 2 fois par jour, c’est un minimum vital, ou bien, manger 3 fois par jour, c’est un minium vital. Nous avons chacune nos minimums vitaux, qui sont parfois réduits à peau de chagrin avec l’arrivée d’un bébé. Et bien l’idée ici, c’est de retrouver nos minimums vitaux, sur différents aspects de nos vie, de manière progressive et en s’accordant des ajustements si on voit que c’est nécessaire.
Concrètement, nous allons réfléchir à nos besoins réels, et prendre l’engagement de les honorer, comme un contrat que nous passons envers nous-même, de répondre à notre besoin. Une fois cet engagement pris, nous réfléchissons à la manière de le concrétiser, et nous passons à l’acte. Cela demande donc, une fois notre Contrat établit, de trouver des ressources pour pouvoir l’honorer, comme par exemple, pouvoir demander à notre conjoint, notre mère, une baby-sitter, de s’occuper de notre bébé pendant que nous remplissons notre Contrat.

 

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Ce que j’adore avec cet outil, c’est que ce sont vraiment les mamans qui vont choisir ce dont elles ont besoin, et qui vont pouvoir l’adapter, tout en se tenant à ce qu’elles ont décidé pour elles.
Par exemple, un de mes Contrat minimums vitaux a été de m’accorder une soirée par semaine. Une soirée de disons 3 ou 4 heures, sans enfants. Au début comme j’étais très fatiguée, et que j’avais du mal à « lâcher », je m’étais dit que ce serait une soirée à la maison, tranquille, pendant que mon conjoint s’occupait des enfants. Mais bien sûr, dès que Milo (mon bébé) se mettait à pleurer véritablement, je ne pouvais pas m’empêcher de finir par intervenir, ne laissant donc aucune chance, ni à mon conjoint, ni à mon bébé, d’apprendre à traverser ensemble ce chagrin. (Et ne me reposant donc pas du tout.)
J’ai donc dû m’adapter, et comme je ne voulais pas me défaire de ce Contrat, j’ai décidé de me forcer à sortir. Véritablement. Je me suis trouvée une activité qui me tenait énormément à coeur, envers laquelle je me suis engagée, et qui m’a permis d’honorer mon Contrat minimum vital.

Cette étape est vraiment importante, car pour que le minimum vital fonctionne, il faut vraiment que l’on sente que l’on honore un engagement envers soi-même, même s’il est tout petit: c’est par cette petite fenêtre que l’on va petit à petit se reprendre en compte dans notre nouvel équilibre.
Notre minimum vital peut être de prendre une douche par jour, et de faire une balade en forêt par semaine, de lire 10 minutes chaque soir, de prendre une soirée en amoureux par mois/semaine/15jours, de prendre 1 demi-journée par semaine seule avec le plus grand, de jardiner 2 fois par semaine, de méditer 15 minutes par jour etc etc… A chacune de définir son minimum vital, en fonction de ses besoins.

Ce qui est génial, c’est que cette notion de minimum vital fonctionne aussi en sens inverse. Par exemple, pour moi, le post-partum signifie aussi une dégringolade de travail domestique: je me suis sentie à chaque fois noyée sous les tâches ménagères, avec le sentiment de passer mon temps à ranger et nettoyer la maison, sans que ça ne soit jamais suffisant. La tâche paraît donc sans fin, harassante, et ne nous laisse pas de repos, alors que justement, nous avons besoin de nous reposer. Ici, le Contrat minimum vital va donc fonctionner en sens inverse: plutôt que de me fixer des objectifs de rangement, je me fixe un minimum vital de temps consacré à la maison, par exemple, 20 minutes par jour. Dans ces 20 minutes, je vais devoir faire à fond le plus possible de ménage, et donc me fixer une priorité par jour, et m’en satisfaire, car j’aurais rempli mon contrat minimum vital pour la maison. On peut aussi par exemple établir qu’avant chaque moment consacré à la maison, on se consacre d’abord et en PRIORITÉ un temps pour notre minimum vital, par exemple, nos 10 ou 15 minutes de méditation quotidienne.
Cette technique toute simple nous permet de ne pas sans cesse repousser le moment de répondre à notre besoin.
Et cela envoie à notre cerveau le message que nos besoins vitaux passent avant le ménage, même si nous nous accordons 10 minutes, et que nous passons ensuite 30 minutes à faire une tâche domestique, ou autre. Vous voyez l’idée? Ce message que nous envoyons à notre cerveau, encore plus que les 10 minutes de méditation, ou que la balade en forêt, ou que la sortie de la semaine, est ce qu’il y a de plus important.

 

A chaque fois que nous honorons notre contrat minimum vital, nous envoyons à notre cerveau le message que nous avons de l’importance, et que nous répondons à nos besoins, que nous honorons notre engagement envers nous-même à prendre soin de nous, un minimum. Et ça, ça change tout.

 

Voilà, j’espère que cet article vous aura donné envie de mettre en place vos propres Contrats minimum vitaux, et peut-être d’approfondir ces notions en échange individuel si vous sentez que vous manquez de clarté pour définir vos besoins, et vos ressources. Parfois, l’écoute attentive et bienveillante d’une personne extérieure permet de faire émerger des pistes que l’on ne voit pas au jour le jour, et il suffit quelque fois d’un simple petit coup de pouce pour enclencher des changements que l’on espère depuis des semaines!
Courage à vous les mamans, qui vivez ce temps parfois difficile durant lequel nous ne « savons » plus honorer nos besoins. Nous passons (sûrement) toutes par là! Et si cela vous parle, ça pourrait aussi être intéressant de voir l’impact du Contrat minimum vital sur nos partenaires, et le reste de la famille!
Je vous dis à très bientôt, prenez bien soin de vous,
Kristelle

 

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