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La douleur – 5 étapes pour mieux la traverser

Bonjour à toutes et à tous!,
Aujourd’hui je reviens avec un article destiné aux futures mamans, pour parler de la douleur de l’accouchement, et pour vous proposer 5 étapes pour la gérer le jour J. La douleur, c’est souvent la peur n°1 des femmes qui vont accoucher, que ce soient leur premier bébé ou non. Je trouve donc important d’avoir un espace pour parler à la fois de la peur de la douleur, et de la douleur en elle-même.

Dans les accompagnements individuels que je propose, nous essayons de faire le maximum de lumière possible sur ces peurs, et sur la notion de douleur, qui est évidemment propre à chacune: nous n’avons pas la même résistance à la douleur, la douleur n’évoque pas les mêmes choses pour chacune d’entre nous, nous n’avons d’ailleurs pas toutes mal aux mêmes endroits, ni aux mêmes moments, nous n’avons pas toutes les mêmes peurs, et par conséquent il paraît logique que nos ressources pour gérer « la » douleur soient uniques, spécifiques et sur mesure. C’est une des raisons pour lesquelles un accompagnement individuel est vraiment bénéfique: il suffit souvent d’un échange pour mettre à plat un grand nombre de peurs, s’apercevoir de ce que représente pour nous la douleur, et pour faire émerger les ressources individuelles qui vont permettre à chaque maman de gérer la douleur à sa façon, comme elle l’envisage pour elle, et pour son bébé. Quand nous abordons cette thématique, nous évoquons aussi la présence du partenaire, la façon dont il/elle pourra et voudra entourer sa compagne, ce qui apporte souvent à chacun de nouvelles idées, leur permettant de préciser leurs envies, leurs besoins, la façon dont le couple envisage ensemble la gestion de la douleur, et ça je trouve ça vraiment précieux, et je suis toujours très touchée de pouvoir aussi avoir un rôle auprès des partenaires, qui sont parfois bien démunis face à la douleur ou à l’appréhension de leur compagne.

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5 étapes pour traverser la douleur, c’est parti!

1 – La définir

La première des choses est donc selon moi de définir au maximum la douleur que vous appréhendez. Est-ce que vous vous sentez une petite résistance à la douleur? Quel type de douleur craignez-vous: les douleurs aiguës comme des aiguilles, les douleurs lancinantes, les douleurs musculaires etc… Où craignez-vous d’avoir mal? Dans le ventre? Au bassin? Au périnée? Dans les reins?… Toutes ces questions et toutes les réponses qui vous viendront vont vous permettre de préciser le plus possible les douleurs auxquelles il vous faut vous préparer, à la fois physiquement, et mentalement.

2 – Travailler

Une fois que vous avez une vision plus claire des douleurs que vous anticipez, vous pouvez vous préparer physiquement à la naissance, en décidant par exemple de pratiquer des flows de yoga qui ouvre le bassin, en allant chez l’ostéopathe, en faisant des massages du périnée, en travaillant physiquement votre résistance à la douleur (nous pouvons voir ensemble différentes techniques pour cela!), en prenant régulièrement différentes postures d’accouchement, pour préparer votre corps à la mobilité, en travaillant votre endurance par des balades… Il y a toutes sortes de choses que nous pouvons faire pour préparer notre corps au marathon de la naissance, et nous avons parfois tendance à « travailler » ce sur quoi nous sommes déjà à l’aise, plutôt que ce que nous appréhendons, un peu comme un sportif qui ne travaillerait que ses points forts, et délaisserait l’exercice de ses points faibles: il y a dans ce cas des chances pour que ces mêmes « points faibles » se fassent plus fortement ressentir en conditions réelles!

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3 – Visualiser

En plus de préparer notre corps, il est important de préparer notre mental à la douleur, car une grande partie de notre résistance aux douleurs de la naissance vont pouvoir être réduites par une bonne préparation mentale, associée à une bonne préparation physique. Vous avez sans doute remarquez que lorsque vous êtes crispée et focalisée sur une douleur, ou sur votre envie de faire pipi par exemple, la douleur en question, ou l’envie de faire pipi, se font ressentir de plus en plus intensément? Et bien durant l’accouchement c’est exactement le même phénomène. Plus vous allez pouvoir vous relaxer, respirer, détendre votre corps, vous concentrer sur des sensations de bien-être, moins la douleur se fera sentir.
Pour cela, je vous encourage à pratiquer le plus tôt possible des exercices de respirations et de visualisations. Vous pouvez en trouver sur internet, je propose par exemple une méditation de type scan corporel sur ma chaîne youtube ici, et si vous voulez aller encore plus loin, vous pouvez découvrir le cycle de méditations KarmaMa 9Mois, qui vous donnera plein d’outils de visualisation pour cultiver votre bien-être durant la grossesse et vous sera très précieux pour la naissance également.

4 – Se dépasser

Une des ressources que j’aime particulièrement et que je propose presque toujours dans mes accompagnements, c’est la notion de dépassement de soi. Nous avons toutes vécu au moins un moment dans notre vie où nous avons expérimenté ce dépassement de soi: nous avons fait face à un challenge physique et psychologique où nous avons eu le sentiment de repousser nos limites, d’aller plus loin que tout ce que nous aurions pu imaginer, de nous être dit « je n’en peux plus », et d’en pouvoir encore. Je vous invite à chercher dans vos souvenirs une expérience de cet ordre là, et à vous plonger dans le souvenir de ces sensations. Comment avez-vous vécu les différentes étapes de cet événement? Qu’est-ce qui vous a aidé à tenir, à persévérer? A quoi pensiez-vous sur le moment? Comment a réagi votre corps? Quels sentiments avez-vous ressenti sur le moment? Et après? Quelles étaient vos émotions après avoir atteint l’objectif que vous vous étiez fixé?

En explorant cet événement, vous vous connectez à une facette de vous-même qui sait et peut « aller plus loin », se dépasser. Vous avez déjà vécu des formes de dépassement, peut-être même plusieurs fois, et vous en avez tiré certaines leçons, dont vous pouvez vous servir aujourd’hui, pour vous préparer à la naissance, et pour tenir, et dépasser la douleur, le jour J.

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5 – Ocytocine

Enfin, que vous souhaitiez ou non faire appel à l’analgésie péridurale, il y a de nombreuses raisons de croire d’abord à la capacité de votre propre corps, et de vous en remettre à vos merveilleuses hormones, qui sont là exactement pour ça. Je dis de faire confiance d’abord à votre corps, tout simplement parce qu’avant d’avoir accès à la péridurale, il y aura nécessairement un moment durant lequel vous expérimenterez les contractions sans anesthésie. Ensuite parce qu’il se peut que la péridurale, pour une raison ou une autre, ne vous soit pas accessible le jour J. Ce sont des choses qui peuvent arriver. Il arrive aussi que la péridurale « fonctionne mal », qu’elle n’agisse que d’un côté du corps par exemple, et que vous ressentiez donc les contractions sur une partie de votre corps.
Je ne vous fais pas ces mises en garde pour vous faire peur ou pour dénigrer la péridurale, je trouve que c’est un super outil dans les cas où l’on sait que la douleur sera insupportable, quand les femmes qui accouchent sont épuisées, ou pour tout autre raison médicale. Je trouve pourtant nécessaire de savoir qu’il peut y avoir des aléas, et d’y être préparée, même si on se garde le choix d’avoir recours à cette analgésie au moment de la naissance.

Vos hormones, elles, sont toujours là, et c’est vous qui êtes aux commandes pour y avoir recours et accès. Elles viendront soutenir votre effort de manière inconsciente, sans que vous ayez à y réfléchir, mais vous pouvez aussi apprendre à encourager leur production de manière consciente, en ayant en tête ce qui produit de l’ocytocine dans votre corps: ce sont des choses très simples, à notre portée à toutes, qui sont à la fois universelles et personnelles. Pour vous encourager à cultiver votre ocytocine, l’hormone qui permet l’ouverture du col, et le passage du bébé, je vous partage cette infographie.

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A vous de réfléchir à ce qui vous permettrait par exemple de créer une ambiance chaleureuse dans le lieu de naissance, de vous familiariser avec votre partenaire aux massages, qui auront le double bénéfice de soulager certaines douleurs de manière, et de faire grimper votre ocytocine, d’envisager pourquoi pas de partager un moment d’intimité avec des baisers et/ou des caresses si le travail ralenti, de solliciter autour de vous une présence bienveillante et rassurante (à voir avec l’équipe médicale si une personne autre que votre partenaire peut être présente si c’est votre souhait, une accompagnante périnatale, une doula, une amie: c’est peu courant, mais plus les femmes en feront la demande, plus nous aurons des chances de faire valoir notre droit à avoir autour de nous les personnes de notre choix, quand les équipes médicales tournent et se succèdent sans que nous puissions maîtriser quel personnel soignant sera à nos côtés -ni leur nombre ni la cadence de leurs interventions!).

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Quels que soient vos choix, quelles que soient vos ressources et votre seuil de tolérance à la douleur, nous savons toutes produire de l’ocytocine: nous le faisons dans tous nos moments de bien-être, quand nous nous sentons heureuses, quand nous nous endormons, quand nous faisons l’amour, quand nous recevons de l’amour, quand nous en donnons, quand nous nous sentons bien tout simplement. Par conséquent, puisque nous avons déjà en nous cette capacité à produire notre propre « anti-douleur », pourquoi ne pas en profiter au maximum? Je dis « anti-douleur » entre guillemets, car je ne ferais pas de langue de bois: les hormones n’anesthésient pas de la même manière que la péridurale quand elle fonctionne. Les hormones ne suppriment pas la douleur, elles permettent plutôt de la traverser, d’aller au-delà, de vivre justement ce dépassement de soi dont je parlais plus haut, tout en ressentant la douleur, en faisant l’expérience de cette intensité de la naissance, dans notre corps.

Sachant tout cela, c’est ok d’avoir recours à la péridurale si nous ressentons cette intensité de manière insupportable, évidemment: il n’y a pas de jugement à avoir, et les « il faut » n’ont selon moi pas leur place dans les discours qui entourent la naissance. Les seuls « il faut » qui vaillent, c’est le « il faut que la maman s’écoute! », « il faut que la maman soit entendue! ». Ce qui compte, c’est de vivre son accouchement de la manière la plus positive possible pour soi, en fonction de nos ressources, de nos corps, de nos choix, et de la part d’imprévu qui subsiste dans tout le processus de la naissance!

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Voilà, j’espère que cet article vous aura donné des pistes pour appréhender différemment la douleur de l’accouchement, c’est vraiment une thématique importante, dont nous avons besoin de parler, qui mérite selon moi d’être explorée d’avantage que les seuls « c’est un mauvais moment à passer », « on oublie vite », « tant que bébé va bien tout va bien ».
Je vous embrasse virtuellement, vous remercie pour votre lecture, et vous dis à très bientôt sur les réseaux sociaux et dans les Mots Doux!
Kristelle

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