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Maternité – Le regard des autres

Bonjour à toutes!

Aujourd’hui sur Karma Mamas, j’ai eu envie de vous proposer un sujet qui revient très régulièrement quand on devient maman, et parfois durant la grossesse: le regard que porte les autres sur nos choix – et la façon dont nous pouvons gérer ça! Je vous souhaite une bonne lecture!

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(Trouvée sur Pinterest, la source a disparu!)

Si tu es déjà maman, je n’ai pas besoin de te préciser ce dont je vais parler car tu as sûrement déjà une ribambelle d’exemples qui te viennent en tête, de choix que tu fais, et qui ne conviennent pas à ton entourage: tu ne veux pas laisser pleurer ton bébé, alors que certains pensent que ça va le rendre capricieux, ou tu ne te sens pas d’allaiter, alors que les médecins te disent que c’est essentiel pour ton bébé, à moins que tu allaites ton bébé de + de 6 mois, auquel cas tu entends régulièrement que « ça ne sert à rien », etc etc… J’ai une mauvaise nouvelle pour toi: ça n’est que le début.
Toute notre vie de maman, nous allons être confrontée à ça, au regard que porte le monde, sur la façon dont nous élevons nos enfants, sur ce qu’ils deviennent, et sur les choix que nous faisons pour eux – et même quand ça concerne NOTRE corps!

Je ne souhaite pas débattre ici de la légitimité de tel ou tel choix: il y a pléthore d’articles sur le net pour s’informer, et j’en écris aussi régulièrement sur Karma Mamas. Aujourd’hui, je veux simplement te proposer des pistes pour affronter le regard des autres plus sereinement, qu’il s’agisse de tes choix pour la naissance de ton enfant, ou de tes choix pour leur éducation et ta façon de les materner.

 

L’autre ne parle que de lui

C’est une petite phrase que notre directrice de formation ( ♡ ) nous répétait souvent durant ma formation d’accompagnante périnatale, et que j’essaye de garder en tête et de partager à mon tour chaque fois que j’en ai l’occasion.
En fait, les sujets d’éducation, de maternité, viennent presque toujours toucher des choses très profondes chez chacun.e d’entre nous: il y a bien sûr les gens qui sont déjà parents, et qui ont donc leur propre approche, leurs propres croyances, que l’on vient peut-être bousculer; et puis nous avons tous été nous-mêmes des bébés, et, par conséquent, les choix d’aujourd’hui peuvent remettre en cause ceux d’hier, qui ont déterminé en partie notre histoire, et qui nous sommes.
En gros, chacun de nos choix remet potentiellement en question ceux des autres. Et ça, même si ça se passe de manière inconsciente, ça fait déjà beaucoup à supporter pour n’importe qui, et surtout, ça crée pas mal de frictions!

Par exemple, de ton côté tu aimerais être soutenue, encouragée, validée dans ton choix de naissance sans péridurale, mais ta cousine, qui a déjà enfanté, se sent peut-être « invalidée » par ton choix, par tes arguments et par ta démarche, car elle, elle se dit qu’elle n’aurait pas pu faire sans.
Ou encore: tu voudrais être soutenue dans ton choix d’allaiter longuement ton enfant, mais ta belle-mère, qui a elle-même souffert de ne pas allaiter ses bébés, s’est peut-être construit tout un système de pensées pour accepter sa propre situation, qu’elle utilise aujourd’hui « contre » ton choix, parce que c’est dur pour elle de réaliser que d’autres peuvent le faire.

→ Sans chercher à faire de la psychologie à tout-va, quand on commence à se sentir jugée, ou « invalidée », on peut prendre un petit moment pour se rappeler que l’autre ne parle que de lui-même, et que nous cherchons toutes et tous à être reconnus dans notre vécu. Offrir cette reconnaissance, en disant par exemple: je comprends que ça te paraisse bizarre que je porte mon bébé, parce que tu as peu porté les tiens, puisque ça ne se faisait pas tellement à l’époque, mais moi j’ai la possibilité de le faire, et ça me plaît », ça permet de sortir de l’ornière où chacun campe sur ses positions en se sentant incompris. Et ça, c’est déjà soulageant pour tout le monde.

 

Avoir des données objectives

Quand les autres doutent de nos choix, où les remettent carrément en question, il arrive aussi que ce soit parce qu’ils se font un soucis réel pour notre bébé, ou pour nous-même. On peut alors gentiment leur dire « merci c’est sympa, mais tout va bien pour moi ». Cela dit parfois ça ne suffit pas, car nos proches continuent de s’inquiéter, et de revenir à la charge, ce qui peut s’avérer fatigant, et même énervant. En fait, souvent, si les gens se font du soucis, c’est parce qu’ils s’imaginent que nos choix ne sont pas mûrement réfléchis, ou bien que nous ne disposons pas des mêmes informations sur le sujet. Pouvoir discuter de nos choix, en mettant en avant des données objectives permet de sortir de l’émotionnel dans lequel chacun a parfois du mal à entendre l’autre. Par exemple, ça ne provoquera sûrement pas la même réaction quand on dit: « je refuse qu’on me fasse une épisiotomie durant la naissance de mon enfant », même si c’est légitime, ou si ont dit: « l’OMS estime que le taux d’épisiotomies ne devrait pas dépasser les 20%, et d’ailleurs en Angleterre, ce taux est de 14%, et en Suède, de 6%, ce qui signifie que la plupart des femmes peuvent accoucher sans épisio, et c’est d’ailleurs ce que je souhaite pour moi! ». Ces données peuvent amener une remise en question, de la discussion, et un véritable échange: comment se préparent les femmes des autres pays, pourquoi nous avons des chiffres beaucoup plus élevés en France, où est-ce que tu trouves ces informations etc etc…

 

Argumenter, mais pas trop

Il y a des gens avec lesquels il est possible de discuter, car ils sont ouverts à de nouvelles informations, à de nouveaux horizons, à d’autres façons de faire, mais je vais être honnête, j’en rencontre aussi avec lesquels ce n’est pas possible, et je sais que c’est le cas de beaucoup de futures et jeunes mamans. Quand on est enceinte, ou que l’on vient d’avoir un bébé, on n’a pas toujours envie de justifier continuellement ses choix, et c’est bien normal. Pourtant, quand ces situations reviennent fréquemment, avec des gens de notre entourage, ça peut vraiment devenir pénible. Pour ma part, j’ai trouvé une parade qui me permet de reporter la « conversation » ou les « conseils »: je coupe tout simplement court à la discussion, avec une phrase-clef qui a fait ses preuves dans de nombreuses circonstances et que je te livre ici, qui est d’une simplicité enfantine (tadaaam!)
Quelqu’un: « Ah mais tu le prends encore dans tes bras pour l’endormir, il va pas prendre de mauvaises habitudes si tu fais tout le temps ça!  (((répété pour la millième fois par la même personne depuis la naissance de mon bébé)))
Moi: « Oh justement j’ai lu un super article sur le sujet, je te l’enverrais par mail ou te l’amènerais la prochaine fois qu’on se voit!!! » Point. Final.

→ Quand on ne peut pas discuter, et bien on ne discute pas. Ça ne fait pas avancer le schmilblik d’un pouce, mais ça te permettra au moins de passer à autre chose. (Et je réitère la phrase aussi souvent que nécessaire « ah oui je devais te montrer ce super article », « tiens j’en ai encore lu un pas plus tard qu’il y a deux jours » etc).
Ça peut paraître dur ou impoli, mais je pense que lorsqu’on a pris le temps d’essayer de valider la position de l’autre, d’expliquer son propre point de vue en sortant de l’émotionnel, de rester ouverte et compréhensive, si nos interlocuteurs veulent « simplement » nous faire changer d’avis sans nous entendre, et bien nous avons le droit de nous protéger en refusant ce genre de conversations. Ce n’est pas méchant, ce n’est pas irrespectueux, c’est juste une manière de mettre son énergie là où elle est utile, et de lâcher prise sur ce qui nous paraît complètement stérile.

 

Une décision à deux

On n’y pense pas toujours de prime abord car nous avons l’habitude de défendre nos choix et nos opinions seules, ce qui est tout à fait honorable, mais lorsque cela concerne l’éducation des enfants, pourquoi ne pas s’appuyer sur le fait que ces décisions sont prises à deux? Parfois, les femmes se retrouvent à être les seules prises à partie, alors que le couple parental décide à deux. S’appuyer sur un choix commun permet de décentrer le « problème », car bien souvent, les conseillers bienveillants laissent quand même entendre que le problème, c’est la relation de la mère à son enfant (je caricature un peu, mais pas tant que ça!). Or, même si la décision prise implique d’avantage la mère que le père (allaitement, façon d’enfanter, maternage proximal ou non etc), il s’agit quand même d’une décision prise à deux, d’un choix de parentalité, pensé avant tout pour l’enfant, l’enfant de deux parents.
Pouvoir dire « nous faisons le choix que notre enfant naissent sans/avec une péridurale », cela remet la décision du couple parental au cœur de la discussion, et ça permet de décharger le poids que ressentent parfois les futures et jeunes mamans.

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@krmmnn

 

Suivre son cœur

Se rappeler que même si nos choix nous paraissent les meilleurs, notre but n’est pas (ou ne devrait pas être) de convaincre l’autre. En fait, même avec les informations les plus récentes et les plus objectives en matière de parentalité, nous ne savons pas tout: si on réfléchit sur le long terme, dans 20 ans, 30 ans, quand nos enfants seront eux-mêmes devenus des adultes, il se peut que certaines de nos certitudes d’aujourd’hui soient remises en cause par les découvertes scientifiques et sociales de l’époque, et qu’on s’aperçoive que nos choix « parfaits » étaient simplement les meilleurs, avec les informations qu’on avait à ce moment-là.

Ce que je veux dire par-là, c’est que parfois, quand on se sent jugées dans nos choix, on a tendance à s’y accrocher encore plus, à trouver encore plus d’arguments, à devenir encore plus « radicale ». Pourquoi pas, mais ça ne nous permet pas toujours d’être sereine. A l’inverse, de se dire que l’on ne cherche pas à convaincre l’autre (même si lui/elle voudrait bien nous convaincre!), mais que l’on suit simplement notre cœur, avec les informations dont on dispose, ça permet non seulement de lâcher prise sur le présent, mais aussi de relativiser pour le futur, quand ce seront peut-être nos enfants qui nous demanderont pourquoi nous avons fait tel ou tel choix. Ce sera sans doute plus facile de leur dire: « j’ai fait ce choix pour toi, parce qu’après avoir pris le plus d’informations possibles, j’ai voulu suivre mon cœur et mon intuition », plutôt que « j’ai fait ce choix parce que c’est ce que tout le monde faisait, et qu’on m’a mis la pression. »

Et une fois qu’on est sûre de suivre son cœur, c’est beaucoup plus facile de supporter le regard des autres, car on ne cherche plus à être « validée », ou « reconnue » par notre entourage, simplement à pouvoir vivre nos choix le plus sereinement possible.

 

Le cercle de soutien

J’en parle dans le KarmaMaBook, et aussi souvent que j’en ai l’occasion: l’importance de bien s’entourer. La meilleure manière de vivre nos choix sereinement, c’est justement de les vivre auprès de personnes qui pourront les respecter, et nous soutenir. Sans chercher à être reconnue par tout le monde, c’est quand même important de trouver des personnes avec lesquelles nous pouvons partager nos expériences, nos choix, nos façons de materner. Si ce n’est pas déjà le cas, je t’encourage à constituer ton cercle de soutien, dans lequel il y aura idéalement des membres de ta famille, des amis, et les professionnels qui entourent ta maternité. Si tu en ressens le besoin, tu peux prendre contact avec des associations autour de chez toi, pour rencontrer des parents qui auront sensiblement la même approche que toi. Si tu ne te sens pas suffisamment écoutée et encouragée dans tes choix par les professionnels qui t’entourent et t’accompagnent, tu peux leur en parler, ou tout simplement en changer pour trouver un.e pédiatre/un.e sage-femme/un.e gynécologue qui saura respecter tes envies: c’est vraiment important. On peut aussi échanger ensemble si tu cherches quelqu’un pour t’accompagner dans ta maternité, tu trouveras toutes les infos ici, et je te donne également les liens vers le site des accompagnantes périnatales, et des doulas.

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@Enjoy the Kiss

 

Voilà, j’espère que cet article t’aura apporté des pistes concrètes pour vivre plus sereinement le regard que porte le monde sur ta maternité!

Je te dis à très vite dans la newsletter Mots Doux (↑barre du haut↑), ou sur les réseaux sociaux!

Kristelle

 

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