Blog·Notre esprit·Ressources

Accouchement – 3 étapes pour gérer ses peurs

Bonjour à toutes!

Aujourd’hui j’ai eu envie de partager avec vous autour de la naissance, et particulièrement des peurs qui peuvent l’accompagner, et de vous proposer 3 outils que j’utilise dans les échanges individuels avec les futures et jeunes mamans que j’accompagne! Bonne lecture!

 

@goodjujutribe.jpg
@goodjujutribe

 

Quel est le sentiment qui revient le plus lorsque l’on aborde la naissance, que l’on soit enceinte ou non d’ailleurs? Qu’est-ce qui nous motive à aller au cours de préparation à l’accouchement, qu’est-ce qui fait qu’on a parfois du mal à dormir la nuit dans les dernières semaines de grossesse? Qu’est-ce qui s’empare parfois de nous quand les premières contractions se font sentir? Qu’est-ce que l’on retrouve dans les films, les séries, les livres, et les histoires qu’on se raconte, d’une génération à l’autre, entre copines, entre cousines, autour de la naissance? Le plus souvent, c’est la peur.

La peur, parfois la panique, et même la terreur. Je l’entends souvent, presque tous les jours, que ce soit avec les futures mamans que j’accompagne, ou dans ma vie personnelle, dans mes lectures, en fait à peu près partout!
Et d’une certaine manière, je vais peut-être te surprendre, mais cette peur, quand on parvient à la gérer, elle tombe plutôt bien!

 

Notre peur est utile!

Dans un article sur notre imaginaire de la naissance, je proposais déjà de réfléchir à l’origine de nos peurs: ça permet souvent de se rendre compte que certaines d’entre elles au moins, ne sont pas véritablement fondées, et je partageais d’ailleurs un exercice que tu peux ajouter à ceux que l’on va aborder ici.

Comprendre l’origine de nos peurs, c’est donc important, mais c’est vrai que ça ne fait pas tout: il faut bien reconnaître que la naissance est un événement complètement inédit dans nos vies car on n’enfante jamais deux fois du même bébé, et si en plus c’est notre premier accouchement, il y a de quoi avoir des appréhensions: comme chaque humain.e, face à une situation nouvelle, à de l’imprévu, notre système se met en mode ALERTE et nous éprouvons de la peur, qui vient nous indiquer qu’il y a événement auquel nous devons nous préparer, nous adapter. En soi, on peut donc commencer à voir notre peur comme un signal d’alarme assez utile qui nous rappelle que la naissance, ça n’est pas une journée lambda où on va pouvoir juste avoir quelques contractions, pousser, et attraper notre bébé, puis passer à la suite. Non. Effectivement, la naissance est un événement majeur de notre vie de femme et de mère, un jour qui peut avoir un impact conséquent sur notre maternité, notre féminité, la manière dont nous nous percevons, et même notre rapport au monde! Tout ça, ça n’est pas rien! C’est donc important de s’y préparer, mais plutôt que de laisser la peur nous paralyser, nous pouvons commencer par en faire un moteur: chaque fois que nous éprouvons de la peur, ça signifie qu’il y a quelque chose à creuser, à faire émerger pour essayer d’arriver le plus en confiance possible le jour J. Et ça, c’est une manière beaucoup plus positive et constructive de voir les choses!

 

De quoi as-tu peur?

La deuxième chose à faire est sans doute de clarifier ses peurs. De les décortiquer, et de les décomposer. Qu’est-ce qui fait si peur? Tu te dis peut-être que la réponse est évidente, mais j’ai constaté que bien souvent, la première réponse des futures mamans est « je ne sais pas, TOUT ». Et lorsqu’elles y réfléchissent d’avantage, elles constatent souvent qu’elles éprouvent un sentiment général d’appréhension ou de panique, sans vraiment savoir de quoi elles ont peur réellement. Pourtant, ça vaut vraiment la peine de se poser la question, car tant qu’on ne sait pas ce qui nous effraie, on peut difficilement trouver des ressources pour, justement, ne plus avoir peur! On reste donc avec un sentiment d’appréhension paralysant, au lieu de se préparer concrètement pour le jour J.

10 résolutions.jpg
Stepha Lawson

 

Pour passer du mode peur-panique au mode peur-moteur, voici la version simplifiée d’un petit exercice que je propose lors des échanges individuels:

→ Dans un carnet (ou sur une feuille libre), fais 3 colonnes: une colonne pour tes peurs, une colonne pour tes souhaits (je vais expliquer ça), et une autre pour tes ressources.
Dans la colonne peurs, tu vas inscrire de manière la plus précise possible ce qui t’effraie. Par exemple, si tu te dis que tu as peur de la douleur, tu vas essayer de préciser: peur de ne pas supporter la douleur des contractions ou peur de la douleur si j’ai une déchirure du périnée ou peur de crier si j’ai mal. On voit bien ici que derrière la « peur de la douleur », il y a en fait des peurs assez différentes, et on pourrait même détailler encore plus. Essaie d’être la plus précise possible.
Dans la colonne souhaits, tu vas « retourner ta peur », c’est à dire que tu vas inscrire sous une forme affirmative ce que tu aimerais vivre à la place de ta peur. Par exemple: je voudrais avoir de l’endurance durant les contractions, ou je voudrais que mon périnée reste intact, ou je voudrais m’autoriser à crier si j’ai mal. Les souhaits, comme les peurs, sont vraiment personnels: une même peur peut être retournée en des souhaits différents selon chaque femme!
Dans la colonne ressources, tu vas pouvoir inscrire ce dont tu as besoin pour passer de ta peur, à ton souhait, en partant de là où tu en es aujourd’hui. Par exemple, si je choisis le souhait qui concerne le périnée, mes ressources pourraient être: me renseigner sur la préparation spécifique du périnée, pratiquer le massage du périnée, me renseigner sur la façon de le préserver au maximum durant la naissance, me procurer des soins naturels pour l’aider à cicatriser rapidement et efficacement si j’ai une petite déchirure quand même, etc…

Cet exercice permet de faire exactement ce dont je parlais plus haut: on détaille nos peurs, et on s’en sert pour se préparer concrètement à la naissance de notre bébé.

Quand j’accompagne des futures maman en échanges individuels, nous faisons régulièrement le point sur ce tableau, pour voir comment elles avancent dans la mise en place de leur ressources, et souvent, on s’aperçoit que la plupart des peurs disparaissent peu à peu, et que d’autres, assez rares, persistent: la future maman a trouvé ses propres solutions sur la plupart des points, et sur d’autres, il faut creuser encore un peu plus, peut-être avoir une approche de fond sur certains aspects plus précis.
L’idée ici, ce n’est pas d’avoir zéro peur autour de la naissance: c’est de travailler activement à les rendre acceptables, gérables, et encore une fois, de s’en servir pour se préparer concrètement à l’enfantement!

 

Retourner dans le corps

Tu l’as sans doute remarqué à différents moments de ta vie: la peur a des effets sur notre corps, comme toutes les émotions que nous ressentons d’ailleurs. Je ne vais pas entrer dans les détails ici, mais pour faire court le stress, l’angoisse, la panique, provoquent des tensions, de l’adrénaline et acidifient notre corps (toutes choses qu’on cherche à éviter en général, et encore plus durant la grossesse ET la naissance!). J’ai donc une petite batterie d’exercices à utiliser contre la peur qui vient se loger dans notre corps, destinés rétablir l’équilibre de notre organisme.

En voici un tout simple que tu peux facilement t’approprier:
→ Au moment où une pensée qui te fait peur vient s’installer dans ta tête, prends un temps, comme si tu mettais ton esprit sur >pause<.
Fais trois grands expirations, puis, on va observer cette peur ensemble: tu vas essayer de lui donner par exemple une couleur. De quelle couleur est-elle? Tu peux aussi lui donner une forme, et y rattacher des sensations: est-ce qu’elle pique, est-ce qu’elle gratte, est-ce qu’elle brûle? Si tu devais la situer dans ton corps, où serait-elle? Dans ton ventre? Dans ta gorge? Un point précis de ton dos? Prends ton temps pour répondre à ces questions, et pour ressentir tes réponses. Regarde bien cette peur. Est-ce que la place qu’elle occupe dans ton corps est grande, comme un ballon, ou petite comme la pointe d’une aiguille, par exemple? Détaille ta peur le plus possible.

Une fois que tu as une image et des sensations bien installées dans ton corps, tu vas petit à petit transformer tout ça:
Tu vas donner une autre couleur à ta peur, par exemple si elle était rouge, elle peut devenir orange, puis jaune.
Tu peux faire évoluer sa forme, si elle était pleine de piquants, elle peut peut-être avoir des petites vagues ondulées.
Si elle brûlait, elle peut devenir une source de chaleur dans ta gorge, ton ventre, ton dos.
Tu peux lui donner une taille qui soit plus satisfaisante pour toi.
Et petit à petit, de cette façon, tu transformes progressivement tous les aspects de ta peur, en cherchant à réinstaller du confort dans la zone de ton corps où elle s’est logée, jusqu’à ce que tu ressentes de l’apaisement.

C’est un exercice qui peut surprendre au début, mais si tu es sensible à la visualisation, il a un côté ludique que je trouve intéressant pour traiter les peurs, et lorsqu’on le pratique régulièrement, il permet vraiment de retrouver du calme et de la sérénité.
Personnellement, j’aime beaucoup ce type d’exercices car une fois qu’on se les est appropriés, il permettent une vraie autonomie dans la gestion des émotions, de manière rapide et efficace: on peut les pratiquer où qu’on soit, sans matériel, et sans avoir besoin de « psychanalyser » pendant des jours.
▲ Le côté réflexion-analyse est important ▲, et c’est une partie importante de la préparation, mais il me semble primordial d’avoir également dans sa besace des outils à dégainer ra pidement, car quand les émotions surgissent on n’est pas toujours en mesure de se poser avec un papier, un crayon et une heure devant soi pour réfléchir à ce qui se passe en nous: parfois, c’est bien aussi de garder la réflexion pour plus tard, et de simplement « traiter » le problème!

9723cce1b9d4876ebfd5671760299de3.jpg
Yaya DaCosta Alafia

 

Voilà, si ce type d’outils te parle, je prévois d’en partager d’avantage dans les Mots Doux, auxquels tu peux t’abonner grâce à la barre du haut. ↑

J’espère que cet article t’aura été utile!
Prends bien soin de toi, – et de tes peurs! – , et à bientôt sur les réseaux sociaux ou ailleurs!

Kristelle

 

kmb62.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire