Blog·Notre esprit

Mantra – Ambivalence

 

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui, j’ai eu envie de partager avec vous une affirmation positive, parce que j’ai constaté que souvent, dès les débuts d’une grossesse, certaines pensées ou sentiments peuvent venir nous troubler, et créer en nous des malaises plus ou moins importants, que l’on n’avoue pas toujours ni aux autres, ni parfois à soi-même.

J’ai remarqué que beaucoup de femmes qui apprennent qu’elles attendent un enfant se trouvent soudainement confrontées à ce que l’on appelle l’ambivalence. C’est à dire que nous ressentons en même temps des sentiments contradictoires, et bien souvent, comme il s’agit de notre grossesse, de notre bébé, tout sentiment négatif qui nous traverse peut très vite nous amener à de la culpabilité. Cette culpabilité nous pousse parfois à refouler complètement nos ressentis, parce que nous ne voulons pas laisser de place au moindre doute: nous aimons déjà notre bébé, nous sommes entièrement heureuse de notre grossesse, et tout se passe bien. Oui. Et pourtant… ce petit sentiment, cette petite pensée qui nous gêne et que l’on voudrait faire disparaître revient parfois encore et encore, et même si le malaise est léger et subtil (et parfois il peut être au contraire énorme!), le fait de le refouler ne nous permet pas de le « traiter ».

Il y a deux points qu’il me paraît important de soulever avant de simplement vous proposer mon affirmation positive:

1° Vous êtes enceinte dès le début de la grossesse. Cela peut paraître idiot à dire comme ça, mais je le répète, car j’entends souvent des femmes dire « je suis enceinte de 5 semaines, c’est le tout début », comme si elles s’excusaient, comme si elles temporisaient leur grossesse, comme si ce qu’elles vivaient n’étaient pas encore vraiment la grossesse. Mais nous sommes enceintes dès le début de la grossesse, et cela signifie que dès le tout premier jour de la fécondation, notre organisme, notre mental, notre psyché sont soumis à d’immenses bouleversements. Invisibles pour autrui, mais immenses. Nos hormones se mettent en branle, notre cycle opère soudainement différemment, notre circulation sanguine va se modifier, c’est tout notre être qui s’adapte, qui se métamorphose progressivement, dès le début, pour rendre possible l’accueil de cette nouvelle vie. Être enceinte de 2 semaines, de 5 ou de 2 mois, c’est vivre toutes ces transformations, et il n’y a pas de raison (selon moi!), pour minimiser ce qui est en train de se passer à l’intérieur de nous, et qui justifie déjà notre fatigue, nos sautes d’humeur, notre essoufflement (cf l’article Respirer pleinement!), et… notre ambivalence! Tout notre être change, parfois sans que nous puissions le contrôler, et il paraît donc naturel que cela crée en nous de l’inquiétude, des doutes, des résistances et pourquoi pas de la colère! C’est une période de grande transition à laquelle nous devons nous ajuster, et, en cela, minimiser cette période ne me paraît pas toujours très aidant!

2° Les trois premiers mois, nous taisons souvent notre grossesse. Que ce soit parce que nous sommes réservées quant à une éventuelle fausse-couche, ou pour des raisons professionnelles, ou par pudeur, par peur… Encore une fois, je rencontre souvent des futures mères qui, pour une raison ou une autre, ne partagent pas la nouvelle de leur grossesse « tout de suite », que ce soit auprès de leur famille, de leurs amis ou dans leur milieu professionnel. Cela peut tout à fait se comprendre, et c’est un choix qui appartient à la fois à chaque femme, mais bien sûr à chaque couple, à chaque situation. Cependant, il peut arriver que nous ayons fait le choix d’être discrète/discrets sur notre grossesse, et d’avoir pourtant besoin (ou envie!) d’en parler, surtout quand, comme nous l’avons vu, de tels changements opèrent en nous! Non seulement nous devons faire face à notre transformation, mais en plus nous devons la dissimuler! Ici, à chacun/e de trouver son équilibre, mais peut-être que de pouvoir se confier à un ou deux amis de confiance, ou de pouvoir échanger avec un professionnel de la périnatalité peuvent être envisagés, sans forcément avertir toute la planète de l’heureuse nouvelle! Là encore, le choix de chaque couple prévaut, et l’habitude culturelle qui veut que nous attendions « les 3 premiers mois » pour en parler devrait être soumise avant tout au désir et besoin du couple. Il se peut que durant les premiers jours ou premières semaines se soient très exaltant de garder ce secret au sein du couple, mais si le moindre besoin d’échanger plus se fait sentir, il me semble qu’il est alors judicieux de pouvoir en parler avec son partenaire pour peut-être trouver un compromis qui soit satisfaisant pour chacun! Encore une fois, tout est en train de se modifier en nous, et nous nous ajustons comme nous le pouvons!

Maintenant que ces deux points ont été soulevés, intéressons-nous d’un peu plus près à ces sentiments négatifs qui peuvent venir « parasiter » notre joie, notre bonheur d’être enceinte! D’où viennent-ils? Qu’est-ce qui les provoquent?

Ces sentiments, même s’ils sont désagréables pour vous, vous disent probablement quelque chose.

Les sentiments que nous ressentons proviennent de nos pensées, et nos pensées sont créées par notre mental. Par exemple, nous sommes face à un merveilleux coucher de soleil, que « captent » nos sens, qui envoient un message à notre cerveau/mental: « je vois un merveilleux coucher de soleil », et cette pensée nous rend heureux, non seulement parce que ce que nous voyons est beau, mais aussi parce que nous nous sentons chanceux de voir ce spectacle! A l’inverse, si nous cassons une assiette notre cerveau/mental crée une pensée: « mince j’ai cassé cette assiette, je vais devoir ramasser les morceaux sans me couper, les mettre à la poubelle, passer l’aspirateur etc » et nous nous sentons en état d’alerte. Pour peu que notre cerveau/mental ajoute « et je n’aurais donc pas le temps de boire mon café », et nous nous sentons frustré, ou encore « et je tenais énormément à cette assiette » et nous nous sentons triste.

Nos pensées engendrent donc en nous des sentiments qui se succèdent, plus ou moins rapidement: il n’est pas facile d’arrêter le cours de nos pensées, et nous avons souvent l’impression que l’on ne peut pas contrôler nos sentiments, car notre mental est un « outil » qui aime observer, analyser, disséquer, comprendre, définir, et tout cela encore et encore. On pourrait le comparer à ces petits rongeurs en cage qui tournent sans relâche dans des roues! Il y a donc une chose que le mental aime en particulier, ce sont les problèmes. Que ce soient des problèmes d’algèbre, des problèmes de physique quantique, des problèmes de jardinage, des problèmes de famille, des problèmes d’argent… Notre mental « se nourrit » de tous les problèmes pour fonctionner. Il est fait pour ça, et plus nous « avons » de problèmes, plus il est actif, vivant. A la place du rongeur, on pourrait le voir aussi comme une petite usine de « réalisations/solutions de problèmes ».

Les sentiments ambivalents, ou négatifs que nous ressentons sont donc probablement liés à des pensées de notre mental, pensées qui sont peut-être tout à fait légitimes, et auxquelles nous pouvons nous intéresser. Puisque nous sommes en pleine transformation liée à la grossesse, notre mental nous montre sans doute des difficultés qui pourraient arriver (il crée par avance des problèmes, pour leur trouver une solution éventuelle): problèmes que pourrait avoir notre bébé, risque de fausse-couche, difficulté financière, organisation qui se complique, peurs autour de l’accouchement, regards des autres sur notre grossesse, crainte de ne pas être un bon parent, etc…
Attendre un enfant apporte PLEIN de raisons à notre mental de se mettre en branle! Mais tous ces problèmes n’existent peut-être pas forcément, ou pas encore, et du coup, des solutions se présenteront peut-être d’elles-mêmes, ou bien ces problèmes n’arriveront peut-être même jamais!

Cela dit, certaines de ces pensées peuvent être un signal d’alarme: oui, nous allons sans doute devoir modifier certaines choses dans notre vie avec la grossesse et l’arrivée d’un bébé, c’est indéniable. Il peut donc être intéressant d’entendre ces signaux, de les accepter. Ces peurs, ces doutes peuvent être légitimes: nous allons devoir nous adapter, nous sommes en train de nous adapter, et cela génère souvent une forme de stress.

Pour autant, nous pouvons aussi essayer d’entendre ces signaux, mais de ne pas leur laisser toute la place. Ni de les refouler, ni de les laisser nous submerger. Mais de les laisser naître, grandir, de les observer, d’en prendre note, et de les laisser disparaître comme ils sont venus, à partir du flot continu de nos pensées, générées par notre mental. Nous n’avons pas à nous sentir coupable de ces pensées, et des sentiments qui en découlent, ils vont et viennent, ils ne sont pas nous, nous n’avons pas besoin de les « garder ».
Si certaines pensées nous semblent utiles, si ce sont des signaux à entendre, nous pouvons par exemple les écrire, et écrire toutes les solutions possibles qui pourraient nous aider. Puis, nous pouvons laisser ça quelque temps de côté (un jour, une semaine, trois semaines?), et voir après ce temps de maturation quelle est finalement la solution la plus adaptée. Peut-être que certaines difficultés potentielles soulevées par notre mental nous amèneront à discuter au sein de notre couple, et cela peut donc être utile d’entendre ce que ces pensées ont à nous dire. A nous de choisir si elles sont pertinentes ou non! 

Le mantra que je vous propose aujourd’hui résume en quelques lignes l’ensemble de cet article. Si vous ressentez parfois ces pensées ambivalentes, j’espère qu’il pourra vous aider à ne pas vous juger, à vous regarder avec bienveillance, à observer vos peurs et vos résistances, et à les laisser passer. Si vous éprouvez beaucoup de sentiments négatifs, la pratique des relaxations proposées sur le site pourra sans doute aussi vous aider, mais il se peut aussi que vous ayez besoin, ou envie de finalement partager vos doutes ou vos colères? N’hésitez pas à vous tourner vers un professionnel de la périnatalité, ils/elles sont là exactement pour ça, et non uniquement pour mesurer la taille de votre utérus et la clarté nucale de votre bébé. Trouvez quelqu’un de confiance à qui dire ce que vous ressentez, et laisser passer tout ça: la grossesse est une étape transitoire où tout bouge et évolue, et il se peut que ce que vous ressentez n’existe plus dans un mois! Surtout si vous y travaillez!

Je vous souhaite un bon début, milieu, fin de grossesse à toutes, avec toutes les ambivalences que chaque étape nous apporte, et qui n’attendent qu’à être entendues, puis dépassées!

 

ambivalence

 

Vous pouvez retrouvez toutes les affirmations positives sur la page Mantras du site!
Pour ne rater aucune mise à jour, vous pouvez vous abonner et recevoir directement les articles dans votre boîte mail, et suivre Karma Mamas sur les réseaux pour une grossesse saine & sereine au quotidien!

Laisser un commentaire